mercredi 14 octobre 2009
pensée fugace, fuite, pff

La personne que tu étais m'a manqué tout d'un coup il y a quelques dix minutes.
Est-ce que tu reviendras ?
La joie est un escargot rampant. Le malheur un coursier sauvage.
~ Vladimir Vladimirovitch Maïakovski
mercredi 17 juin 2009
PS
Ce n'est pas pour ne pas avoir l'air irresponsable, mais parfois comme maintenant j'ai vraiment l'impression d'une autre personne qui est dans ma tête et qui me dit "ça va pas marcher tu le sais au fond de toi et puis d'autres te l'ont dit". Comme une voix, même si je pense aussi en même temps comme là maintenant "oui ça va marcher".
Elle me fait peur cette voix, cette personne.
Parce que je ne sais jamais quand elle est vraie ou pas.
Parce que tu ne peux pas dire qu'elle est fausse tout le temps.
Parce que tu as déjà vu que parfois elle avait aussi raison.
Et puis là, c'est vraiment l'impression d'une autre personne dans ma tête que j'ai eu presque.
Et je suis très perdue.
Et cette personne elle me fait pleurer.
Et je veux croire l'autre personne qui pense qu'elle t'aime là, et que tout va aller bien, et que tout va continuer d'aller bien encore un an, et puis deux et puis dix et puis encore d'autres années après.
mercredi 10 juin 2009
Douceur Lotus

Il est temps de me coucher. Journée un peu stressée, des magazines à la con reçus aujourd'hui m'attendent pour me calmer, j'espère. Quand je me réveille demain, j'ai un anniversaire à souhaiter, celui que j'aime passe une année de plus. Envie de montrer à ceux qui n'y croient pas, dont D., que si, c'est possible, l'histoire peut reprendre son cours après avoir été interrompue. Au bout du compte, surtout envie de me le prouver à moi. Est-ce que c'est ma plus grande peur, à l'heure actuelle ?
Est-ce que je me répète ? Hier j'ai été rendre visite à quelqu'un que je connais par blog interposé. Au vu de mon égocentrisme et de mon quotient émotionnel défaillant, je me suis évidemment demandé si je faisais partie de ces personnes évoquées qui rabâchent et tournent en rond en se regardant le nombril. Est-ce que j'aurais si mal évolué ? Son avis était très différent il y a quelques mois, donc je me questionne. Manque d'assurance. Se replonger derechef dans ma lecture précieuse du moment. Oui, je me suis mise au développement personnel, personne ne pouffe ou je sors mon chat à neuf seize queues, et toc.
Envie de croire que je mérite d'être heureuse, et surtout en paix, et que je n'ai pas à attendre encore un an pour cela, que la délivrance est proche, mais sans promenade chez les dégénérés américains, merci.
B. ne me fait jamais trop poser de questions sur lui, sur son identité intrasèque, sur le fait qu'il veut mon bien. C'ets dèjà énorme quand on me connait un peu.
PS : je suis plus patiente avec La Truffe en ce moment, et j'en suis fière. Je suis aussi capable d'expliquer à peu près posemment à ma mère qu'elle me tue à mettre dix minutes à sortir quelque chose qui pourrait se dire en deux. Et puis j'ai été capable ce soir d'énoncer ce fait : c'est son comportement qui me fatigue, mais elle reste ma mère, et elle je l'aime. Elle n'a pas réagit à cette phrase, mais je suppose que quelque part en elle, elle a remarqué que ces mots ont très peu franchi mes lèvres jusqu'à maintenant.
C'était moins dur à dire que je ne le pensais.
Don't fight with the pillow, but lay down your head
And kick every worriment out of the bed.
~ Edmund Vance Cooke
mercredi 27 mai 2009
Mon xanthome est dans la ville
Moi je t'aime.
Moi j'ai peur.
Les deux messages que je viens d'envoyer à B. du haut de mon rhume. Mon angoisse diffuse me paraît ridicule. J'attends que mon infusion verveine - fleurs d'oranger infuse, chacun son rôle. Hier, pleine de mal de gorge et de barre au cœur, j'ai été travaillé avec un demi xanax (c'est quoi donc le xanthome que me propose le correcteur d'orthographe ? Merci Wikipedia : "Un xanthome est une tumeur bénigne cutanée plane ou nodulaire, externe ou sous-cutanée, de couleur jaune, jaunâtre ou jaune-orangée, formée par un infiltrat dermique de cellules chargées de graisses". Oui, c'est un peu pareil, en fait ...) dans l'estomac. Effet fascinant, j'ai cherché à dormir tout le temps, je n'écrivait plus droit, mais j'étais ailleurs, dans un coton somme toute assez léger. Faire attention de ne pas retenir le chemin, je sais que je serais tentée d'y revenir par trop souvent. Hier aussi, je n'ai vu B. qu'en début de soirée, en coup de vent. Il est passé ce soir, après avoir terminé sa journée. Je me rendais compte peu de temps avant qu'il sonne qu'il me manquait physiquement, que ces trente et une heure sans sa présence étaient une durée un peu trop pénible pour moi.
J'ai juste envie d'être libérée de mes contraintes matérielles. De prendre des vacances. de sentir le sable sous mes pieds, et la sueur collée à mon dos, chez lui, où n'importe où qui n'est pas ici. Ici me ronge. Bon, cela fait des mois que je le rabâche, donc c'est un fait établi.
Je ne sais pas quel type de couple nous sommes, visiblement pas un classique. Ce n'est pas parce que pour les autres cela ne fonctionne pas que c'est la même chose pour tout le monde. si vous allez vous faire ipérer des amygdales, il y a peu de risque de complications mortelles. Pourtant, cela peu arriver. Donc, dans l'autres ens, c'est pareil (oui oui, c'est une pensée positive qui sort de mes doigts). Je ne sais pas comment encore, mais je pense que cela peut fonctionner. Même si nous avons des différences majeures. En même temps, je suis sûre aussi que je peux lui mettre un martinet dans la main, rien que pour mentionner cette partie-là (j'insère ici un petit sourire en coin).
Je veux juste être libérée, pas me venger, avoir le droit de partir, sans me retourner sur les erreurs ou les gens qui m'ont fait souffrir, par appât du gain, égoïsme, bêtise, jalousie, ou tout à la fois.
Liberty without learning is always in peril and learning without liberty is always in vain”
~ John Fitzgerald Kennedy
lundi 4 mai 2009
Suite au prochain numéro
Discussion avec B. ce soir. Quand même, comme je lui ai lâché hier en cours de service un truc du genre "toute l'affection du monde, ce n'est pas de l'amour", et qu'il avait répondu qu'il n'était pas d'accord alors qu'il faudrait en reparler, et bien cette fois-ci, on en a reparlé. Rapidement. De son fait. Bon, pour être un peu plus précise, cela fait aussi deux jours que je suis assez courte avec lui. Évidemment quand on part de l'idée qu'on n'est qu'une meilleure amie, on n'est pas rongée par l'envie d'être super aimable. En tout cas en ce qui me concerne.
En résumé, et si vous avez manqué le début façon Télé7Jours, non, c'est bien de l'amour de couple et pas d'amitié ; ce qu'il fait pour moi et que j'interprète comme de l'affection forte, il ne le ferait pour personne d'autre, même ses parents n'ont pas l'ombre des miettes de ce qu'il fait par rapport à moi, et il me veut dans son futur, moi et mes ovules, moi comme la femme de sa vie. Il peut très peu en ce moment, il ne se cache pas derrière son petit doigt, si c'est me faire des cadeaux qui me rend heureuse plus de la vaisselle professionnelle faite, alors il va un peu changer d'attitude et de priorité.
Discussion assez longue, assez adulte, assez raisonnable, assez polie.
Deux solutions maintenant.
Je lui fais confiance, en choisissant de contredire mes peurs, une partie de mes impressions/intuitions/sentiments (je ne sais toujours pas sur quel terme m'arrêter), les oiseaux de mauvais augure, et en risquant de me la manger grave dans quelques mois et de me prendre un piano a queue sur la gueule, ouille.
Je reste sur ma décision de ces deux derniers jours, en me disant que tout est fini et bien fini et ne recommencera plus, en prenant le risque de faire échouer le happy-end par une attitude froide, méfiante et "défaitiste", mais bien protégeante.
Pendant que mon chien est occupé à essayer de me gazer dans son sommeil, je me demande, je me demande, je me demande.
Bon, réserve pour l'instant. Il avait l'air sincère. Il peut se mentir. Il peut changer d'avis. Il peut avoir tort.
Au moins j'aurais réussi a lui faire cracher quelque chose cette fois-ci. Et à provoquer une émotion autre que de la colère.
Ses larmes, peu nombreuses, ses yeux brillants, la manière dont il m'a serrée, très fort, longtemps, et le tout petit baiser qu'il m'a donné en se dégageant, m'ont touchée. Vraiment.
J'ai tellement envie d'y croire encore.
Peur.
Fear of failure must never be a reason not to try something.
~ Frederick Smith
samedi 2 mai 2009
Chien, discussions, réflexions et c'est quoi l'amour, tudieu ?
Ceci est un texte que j'ai commencé il y a deux jours, et puis je suis partie promener le chien donc, et j'ai décidé de me coucher directement. Finalement je n'ai pas beacoup retravaillé dessus, donc livraison express.
Depuis plusieurs mois maintenant, ou depuis plusieurs années, selon la façon de voir les choses, je me demande si j'aime B. Ou si je l'aime vraiment. Ou si je l'aime comment.
Je me reposais la question ces derniers jours, en pensant à quelqu'un d'autre, et ayant peur des conclusions à tirer du fait de ces pensées occupées ailleurs. Et aussi des conséquences possibles si ces pensées se concrétisaient, disons, euh, concrètement.
Déjà, le fait de pouvoir parler directement à cette dite personne aujourd'hui m'a aidé à replacer mes idées. Un peu. Et puis fouiller dans mes photos pour envoyer certains paysages désertiques m'a permis de tomber sur le visage de B., et de sourire, et de me dire que quand même, y'a pas à tortiller du croupion, je le veux toujours.
Ensuite, tout en promenant le chien (ces promenades sont décidément fort utiles), je repensais à mes échanges avec quelqu'un d'autre. Qui est incapable d'aimer, selon ses dires, suite entre autre à une expérience très moyenne de la pédophilie dans son enfance. Et que la vie a conduite vers le BDSM, mais depuis longtemps, lui, comme une sorte de vie parallèle, en tout cas de seule relation possible au bout du compte. Déjà, il est agréable de rencontrer d'autres handicapés, qui peuvent en plus deviser avec vous sur un pan de votre culture musicale et cinématographique commune. Ensuite, je me suis dit que c'était peut-être cela, le début de la solution, enfin au moins une possibilité auquelle je n'avais pas encore pensée.
Mon dilemne : est-ce que j'aime vraiment B., ou est-ce que j'aime l'idée de l'aimer, par peur du changement (parce que la peur du changement est réelle, indiscutable et bien ancrée chez moi).
Depuis donc mai 2008, je navigue entre le "c'est sûr, je l'aime, et comme on aime quelqu'un avec qui on veut construire un couple", et le "je l'aime comme un frère, un ami, oui c'est de l'amour, mais pas de l'amour de couple, j'ai l'impression qu'il manque quelque chose". Bon, la première proposition n'a pas besoin d'être commentée, donc. La seconde ? Je viens de me dire qu'en fait, je ne sais pas trier mes sentiments. Que les autres sont capables de dire "je l'aime", et que peut-être tout simplement, moi je n'ai pas le logiciel qui permet de lire le fichier. Que l'amour n'est pas comme l'orgasme. Le jour où j'ai joui pour la première fois, ce fut comme ce que l'on retrouve dans la littérature sur le sujet, le "si tu te demandes si tu en a déjà eu un, c'est que la réponse est négative, quand tu rencontres l'orgasme, tu le reconnais". Donc, le désir se reconnait ; l'expérience physique, matérielle. L'amour, le solide le vrai, le matériau du couple solide, peut-être que non. Peut-être que je n'ai juste pas les outils en ma possession pour mettre un nom clair sur mes sensations. Parce que cela touche le cerveau, et que tout ce qui touche le cerveau est un champ de bataille pour moi.
Est-ce que je vais trouver la réponse à cette question un jour ? Les faits vont m'y emmener, je présume. Ou nous terminons ensemble, ou nos chemins se séparent. En même temps, je me vois bien me demander encore longtemps, dans un cas comme dans l'autre, si j'ai bien raison, et si c'est bien le mieux qui se déroule sous mes yeux.
Bon, je sais que je suis horriblement chiante.
One who asks a question is a fool for five minutes; one who does not ask a question remains a fool forever.
~ Chinese proverb
mercredi 18 mars 2009
lettre à un jeune rocker
C'est étrange, je suis en train d'acheter des livres sur des gens qui ne te
ressemblent pas, et je passe par pay.pal. Je vois ton nom, et j'ai envie de te
dire que je t'aime. Je ne connais pas le futur. La connaissance c'est même cela,
mon problème de toujours, la maîtrise.
J'ai un peu peur en ce moment, qu'au bout de ta quête, de ton voyage
personnel, que je situe grosso-modo en 2011, tu me jettes avec l'eau du bain.
Bien-sûr, pas d'une manière aussi désagréable que mon énoncé précédent le laisse
supposer. Mais de toute façon, le résultat serait le même. Pour la seconde fois
?
J'ai du mal à imaginer que ce soit moi qui parte, parce que je ne suis pas ce
genre de personne, en tout cas pas jusqu'à maintenant. J'accumule. J'envisage
des solutions qui additionnent, et pas qui soustraient.
Retenter quelque chose, pour me reprendre un mur en bout de chemin ? Je crois
que là, je t'en voudrais beaucoup. Cette peur n'est pas exactement raisonnée,
mais elle s'appuie non pas sur une intuition, mais sur une possibilité d'intuition.
Bon, je me perds un peu là, parce que je reprends mes pensées de tout à
l'heure, que je n'ai pas pu partager avec toi parce que tu étais très proche de
l'endormissement.
Au départ, ce message est juste là pour dire que je pensais "je t'aime", et que je voulais te le faire partager. Est-ce qu'il y a de la peur, dans cette volonté ? l'envie de me convaincre ? En tout cas, ce n'est pas ce que j'ai ressenti en voyant ton nom s'inscrire sur l'écran par moyen de paiement interposé. Oui, nos différences se marquent plus ces derniers mois. Je parle pour mon côté, je deviens, enfin je concrétise l'animal pervers et souriant que j'ai toujours été - ironie douce à l'intérieur -, mais que je n'ai jamais creusé réellement. Je ne pense pas que ce soit une catastrophe pour nous, pour "le nous". Et puis je continue à explorer ma vie, et enfin pouvoir me définir.
Je voulais être archéologue, je le serai finalement, mais juste pour moi. Apprendre à me connaître pour enfin m'oublier et me diluer dans le monde.
Donc je repense à cette sensation primaire : je vois ton nom sur l'écran, et mon cerveau imprime dans mes circuit "je t'aime" et puis juste après "je veux te le dire".
Rester simple.
For one human being to love another that is perhaps the most difficult of our
tasks; the ultimate, the last test and proof; the work for which all other work
is but preparation.
~ Rainer Maria Rilke
jeudi 5 mars 2009
grenouilles en kilt
Ecosse - Des amphibiens en mal de relations sexuelles ont fait la queue
pour entrer dans le premier "love hotel" pour grenouilles.
Cet "hôtel de passe" a été installé dans le Redhall Walled Garden
d'Edimbourg par des volontaires de l'association Action Earth, un
groupe écologiste qui vise à promouvoir et encourager la biodiversité
au Royaume-Uni.Les populations de grenouilles sont plus susceptibles
d'être attaquées par des prédateurs pendant la saison des amours. Ce
sanctuaire a donc été créé pour encourager les animaux à se reproduire
et à hiberner dans un environnement sûr.
Est-ce qu'elles vont devoir embrasser plein de princes charmants avant de trouver leur moitié ?
mercredi 5 novembre 2008
Je continue sur ma lancée
Amour :
Attirance, affective ou physique, qu'en raison d'une certaine affinité, un être éprouve pour un autre être, auquel il est uni ou qu'il cherche à s'unir par un lien généralement étroit. "L'amour, c'est beaucoup plus que l'amour" (titre d'un roman de Jacques Chardonne, 1937).
Sentiment d'affection et d'attachement profond qu'éprouve une personne pour une autre (connaître le grand amour). http://dictionnaire.reverso.net/francais-definitions/amour
Sentiment d'affection, d'attirance sentimentale et sexuelle entre deux personnes. http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/amour/
- sentiment (nom masculin)
État affectif dû à des émotions. Ex : Un sentiment de honte. http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/sentiment/
émotion (nom féminin)
Manifestation d'un sentiment. http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/emotion/
lundi 3 novembre 2008
[Insérez ici le nom de l'émission éponyme trash de TF1 de seconde partie de soirée]
AMOUR (nom masculin, parfois utilisé au féminin pluriel, rarement au féminin singulier) :
Du latin amor (« amour, affection ») par l’occitan de même sens grâce à la littérature des troubadours qui a innové dans ce domaine.
- Sentiment intense et agréable qui incite les êtres à s’unir.
"Personne que je sache, n’a encore osé dire que l’amour tel qu’on l’imagine de nos jours est la négation pure et simple du mariage que l’on prétend fonder sur lui." (Denis de Rougemont ; L’Amour et l’Occident - édition de 1946).(http://fr.wiktionary.org/wiki/amour)
- L’amour est un sentiment envers un être ou une chose qui pousse les personnes qui le ressentent à adopter un comportement, plus ou moins rationnel, les entraînant principalement à rechercher une proximité pouvant être tendre, physique, passionnée, intellectuelle, spirituelle, voire imaginaire, vis-à-vis de l'objet de cet amour.
L'amour peut être, selon la situation, faible, fort ou obsessionnel. Selon ces critères, il peut être plus ou moins contrôlé par la personne qui le ressent. (http://fr.wikipedia.org/wiki/Amour)
Hyperonymes (Mot dont le sens inclut celui d'un autre mot. Fruit est un hyperonyme de pomme et de cerise) :
- Emotion
- Sentiment
Hyponymes (Mot dont le sens (sa compréhension « logique ») est inclus dans le sens d'un autre. Cheval est hyponyme de animal. Destrier est hyponyme de cheval.) :
- Adoration
- Affection
- Amitié
L'amour me pose question. J'avais déjà du mal à vraiment le définir par le passé, à pouvoir dire qui j'aime ou pas, si j'aime ou pas. Ces derniers mois, l'interrogation s'est accrue. Face à quelqu'un qui ne peut plus le ressentir, je suis encore plus perplexe. Si au moment où B. m'a avoué qu'il venait de coucher avec une autre, et qu'il ne pensait plus me désirer, et que dans ce cas il ne voyait pas comment nous pouvions rester ensemble j'ai eu finalement (enfin, devrais-je dire) la certitude que je l'aimais, je suis tout de même face à un gouffre. Comment peut-on ne plus aimer (ne plus être capable de ressentir de l'amour en général, pour qui que ce soit) ? Qu'est-ce qu'aimer pour moi ? Ai-je jamais vraiment aimé ? Suis-je capable d'amour, ou ne me suis-je pas protégé (peut-être) toutes ces années, en restant extérieure à ce sentiment étrange ? Ressent-il quelque chose de si différent de ce avec quoi je vis au quotidien depuis toutes ces années ?
Quelle est ma définition de l'amour ? Ne pas pouvoir tranquillement envisager de continuer à vivre sans une certaine personne. Préférer sans aucune hésitation sa présence à son absence, avoir peur de sa disparition, sourire, et parfois pleurer en pensant à elle.
Je mets de côté ma mère, relation complexe, imposée par la génétique, à la vie à la mort. Seule personne avec qui je partage un code ADN dont le décès me toucherait vraiment, en même temps. Passons. Autre sujet.
Qui reste ? Quels sont les visages qui s'affichent, présents ou passés, qui ont embelli ma vie, ou qui continuent à l'heure actuelle ? De qui la mort m'a bouleversée, me bouleversera au plus profond ? De qui ai-je envie d'être proche, physiquement proche, concrètement proche ?
Deux noms sortent du chapeau.
E., et B.
Pour B., j'ai besoin de me tester, comme une obsession compulsive, un TOC récurrent. Et si je restais trois semaines sans contact avec lui, sans proximité physique, qu'adviendrait-il ? Me manquerait-il, aurais-je envie, besoin de son retour, comme la dernière fois qu'il était parti dans sa famille, en janvier 2008, avant notre séparation ? Comme lors de son voyage aux sources en mai, juste après le Big Bang ? Serais-je comme les fois précédentes, triste et angoissée avant son départ, et supportant très bien l'absence après coup, vaguement indifférente, peut-être ? Je sais que cette semaine, je me suis de nouveau vue sur sa terre natale, les pieds dans le sable, la mer face à moi, lui à côté, pas loin, dans le cadre de la photographie, et que je me suis sentie bien, à ma place, en paix projetée. Est-ce cela la réponse ?
E. est morte il y a deux ans, cancer assez foudroyant. Elle m'accompagne encore maintenant, quelque part dans mon esprit.
J'étais là quand la vie est partie de son corps. Quelques jours après, par inattention, j'ai failli me paralyser un bras en l'écrasant sous une charge monstrueuse dans un accident mécanique au travail. Coincidence ? Je la considérais comme ma meilleure amie, ou du moins ce qui se rapprochait le plus de ma définition du concept, même si je ne lui ai quasiment jamais rien confié de ma vie. Quand j'ai appris qu'elle était malade, j'ai recherché compulsivement sur le net tout ce que je pouvais trouver sur le sujet, j'ai même appelé un grand hôpital aux états-unis pour savoir si son cas était traitable selon leur méthode semie-expérimentale. J'envisageais plus que sérieusement d'aller là-bas avec elle s'il y avait une chance de guérison,de rémission. Pas possible, le carcinome avait déjà attaqué l'os, dans ce cas ils ne pouvaient rien faire. A peine huit semaines encore, et c'aurait été son anniversaire. En six mois, je l'ai vu prendre cinquante ans, se transformer en vieille dame pendant que la gangrène attaquait sa joue.
Et pourtant ce n'était qu'un chat.
Mais je sais qu'elle, je l'aimais. Je serais triste quand La Truffe ne sera plus là. Il va atteindre dans quelques jours sa date limite de consommation selon les statistiques d'espérance de vie de sa marque. Il a toujours l'air d'un jeune homme. Bien bien sourd, sentant le parmesan, mais en pleine forme pour son âge, et se faisant toujours passer pour un jeune chien auprès de ses admirateurs anonymes dans la rue. J'envisage plus "sereinement" sa mort, si je dois parler quantité, dosage, pesage froid de la douleur.
Je ne peux pas vraiment expliquer ce qui me liait à E.. Elle était plus intelligente que beaucoup de ses congénaires, vraiment, mais pas au point de sembler d'une autre planète. Elle préférait la compagnie des humains à celle de ses congénaires et des autres animaux, qu'elle tolérait pourtant, comme une reine supporte la plèbe autour d'elle, voire l'apprécie parfois.
Elle ne venait pas spécialement me consoler quand je me sentais triste, elle ne savait pas compter jusqu'à 10, je la considérais totalement comme un chat, pas comme un être humain, même s'il me semblait parfois qu'elle se voyait plus comme nous que comme un félin.
Pourtant, je suis liée à elle pour la vie, même si je l'ai rejetée quand elle arrivée chaton chez nous, même si elle ne devait rester que quelques jours le temps d'intégrer un autre foyer. Elle est gravée sur ma peau, petite tache d'encre sur le bras, à la forme stylisée au maximum, sans date, sans nom, sans explication, toujours visible, souvent regardée.
Je croyais avoir trouvé en A. et E. deux vraies amies, les seules depuis longtemps. Leur défection de ces derniers mois ne m'a cependant pas vraiment touchée, à ma grande surprise. Elle a plus perturbé B. si j'y réfléchis. Je me rends compte que je vis très bien sans elles, ET que SI je constate avec une légère amertume qu'elle ne sont toujours pas arrivées dans ma boîte mail ou sur mon messenger, j'ai déjà oublié leur existance d'une certaine manière, et comment était la vie quand elle étaient présentes.
Je me demande si je ne suis que la matérialisation d'un traumatisme enfantile, ou si glacage émotionnel est inscrit quelque part dans mes gènes. Inné, acquis ? La réponse est-elle là, si simple, si évidemment cliché ? En résumé, dois-je vraiment blâmer mes ascendants directs, responsables chacun à leur manière d'un abandon si horrible que je me protège depuis de tout attachement ? Ou bien suis-je juste une handicapée parmi les autres, ma défaillance étant non pas physique, ni mentale, mais sentimentale ?
Peut-être que je me trompe, peut-être que j'aime. Trop d'analyse, pas assez de ressenti, trop de questions, pas assez de vie.
Suis-je mon propre rat de laboratoire ?
- "Dis papa, comment ça se passe avec le sexe des filles ?"
- "J'sais pas, j'fais qu'les enculer !" Albert Dupontel et Roland Blanche dans "Bernie" d'Albert Dupontel

