mercredi 18 mars 2009
lettre à un jeune rocker
C'est étrange, je suis en train d'acheter des livres sur des gens qui ne te
ressemblent pas, et je passe par pay.pal. Je vois ton nom, et j'ai envie de te
dire que je t'aime. Je ne connais pas le futur. La connaissance c'est même cela,
mon problème de toujours, la maîtrise.
J'ai un peu peur en ce moment, qu'au bout de ta quête, de ton voyage
personnel, que je situe grosso-modo en 2011, tu me jettes avec l'eau du bain.
Bien-sûr, pas d'une manière aussi désagréable que mon énoncé précédent le laisse
supposer. Mais de toute façon, le résultat serait le même. Pour la seconde fois
?
J'ai du mal à imaginer que ce soit moi qui parte, parce que je ne suis pas ce
genre de personne, en tout cas pas jusqu'à maintenant. J'accumule. J'envisage
des solutions qui additionnent, et pas qui soustraient.
Retenter quelque chose, pour me reprendre un mur en bout de chemin ? Je crois
que là, je t'en voudrais beaucoup. Cette peur n'est pas exactement raisonnée,
mais elle s'appuie non pas sur une intuition, mais sur une possibilité d'intuition.
Bon, je me perds un peu là, parce que je reprends mes pensées de tout à
l'heure, que je n'ai pas pu partager avec toi parce que tu étais très proche de
l'endormissement.
Au départ, ce message est juste là pour dire que je pensais "je t'aime", et que je voulais te le faire partager. Est-ce qu'il y a de la peur, dans cette volonté ? l'envie de me convaincre ? En tout cas, ce n'est pas ce que j'ai ressenti en voyant ton nom s'inscrire sur l'écran par moyen de paiement interposé. Oui, nos différences se marquent plus ces derniers mois. Je parle pour mon côté, je deviens, enfin je concrétise l'animal pervers et souriant que j'ai toujours été - ironie douce à l'intérieur -, mais que je n'ai jamais creusé réellement. Je ne pense pas que ce soit une catastrophe pour nous, pour "le nous". Et puis je continue à explorer ma vie, et enfin pouvoir me définir.
Je voulais être archéologue, je le serai finalement, mais juste pour moi. Apprendre à me connaître pour enfin m'oublier et me diluer dans le monde.
Donc je repense à cette sensation primaire : je vois ton nom sur l'écran, et mon cerveau imprime dans mes circuit "je t'aime" et puis juste après "je veux te le dire".
Rester simple.
For one human being to love another that is perhaps the most difficult of our
tasks; the ultimate, the last test and proof; the work for which all other work
is but preparation.
~ Rainer Maria Rilke
samedi 30 août 2008
Ahem...
Cher Blog,
Tu as du remarquer que je te délaissais un peu ces derniers jours. Je m'en excuse, car ceci s'éloigne de mes engagements vis-à-vis de toi. Donc vis-à-vis de moi, puisque nous nous ressemblons tellement. Je ne suis pas sûre de ce que je peux écrire, et il est un peu pénible d'avoir la trace noir sur blanc (enfin blanc sur noir) des errements de mon âme que je n'ai pas. Et surtout de mes changements d'humeurs et de sentiments toutes les 30 minutes. Et d'avoir à constater après 31 minutes, que dieu que je suis bête, et après 61, que non finalement pas. Ou peut-être que si. Il s'agit donc de lâcheté de ma part, j'ai peur de te faire face et de devoir t'exposer le fond de mes pensées ces temps-ci. Tu as toujours été là pour moi jusqu'à maintenant, mais je n'assume pas totalement tout, pas comme je le voudrais, pas autant que je le voudrais. J'attends atteins (lapsus intéressant) de nouveau mes limites, et tu en es le témoin privilégié. Est-ce que je me ramollis au fil des semaines, perds de ma superbe du départ, ou bien est-ce que ce que je devrais te dire est encore pire que de parler des Dinky, grosse pute et connard de violeur de petite fille (même pas capable de terminer le boulot, minable, va) ? En même temps, je sais depuis un certain temps qu'être (décidément, je voulais dire : "entre") une séance de thérapie de groupe et une session de strip-tease (moi sur la scène, bien entendu), mon choix se porterait sans trop d'hésitation sous les feux de la rampe et pas ceux des questions.
Donc voilà, je t'écris juste pour te dire que demain je saurais un peu mieux où j'en suis. Je pense que je ne saurais toujours pas où je vais, mais au moins une grande question aura disparu. Elle aura disparu en se résolvant d'elle-même, par l'absence ou son contraire. Bien entendu, les choses n'étant jamais faciles avec moi, cela ne résoudra rien. Cela apportera une certitude par la défection (quel mot laid, quand on y pense), ou de nouvelles questions par la présence.
Tu seras le second au courant, parce que je connais quand-même des êtres humains aussi, toute associale que je suis, et que je reserve à ces frêles créatures (bon, en fait, je pense à une unique personne, unique) la primeure des nouvelles de ces fameux errements.
Rien à voir (enfin, si, soyons honnête un minimum), mais j'ai du Jad Wio en tête depuis trois jours. Ces garçons sont entêtants, c'est agaçant.
Je continue à te remercier d'exister, tu m'es précieux, sache-le.
Bien à toi,
C.
lundi 11 août 2008
And if you want We'll make it good Before my mood swings
Au fait, je suis plutôt de bonne humeur, de plus en plus depuis la fin de soirée de dimanche. Et pourtant je travaille ce soir. Il va être midi, je serai donc très loin de mes neuf heures de sommeil, et pourtant, diantre, il a fallu que je vienne ici écrire ces pensées aussi profondes que les gorges du même nom. Mon impression d'hier (bon, au-delà de la chimie défaillante, accusons en fait mes hormones, humeur morose et de plus en plus défaitiste ET culpabilisée allant crescendo depuis mercredi, pile poil une semaine après le début du débarquement des anglais) se confirme donc. Je n'ai pourtant pas de raisons de me sentir mieux en ce moment, là, tout de suite, comparativement à là-bas, hier, avant-hier, avant-avant ...
Par exemple :
Mon joli tarot me dit et me redit, vu que j'insiste et qu'il est patient, le bougre, que la solution au problème passe par le cul, ou les choses enfouies, ou l'argent (arcane majeur XV). Je pense que si l'on exclut que je doive coucher avec les acheteurs potentiels pour qu'ils se décident (concrétiser, pour concrétiser, aussi beau qu'un titre de chanson de Jean-Jacques Goldman, voire même Jean-Jacques Lafon, n'ayons pas peur des références ardues), ou creuser sous le sol du bouzin pour faire jaillir or et pétrole, j'aurais tendance à taper proposition 3 sur mon clavier, mais c'est juste moi, n'est-ce-pas... Bon, et bien donc, laissons venir à moi les sioux, me dis-je in peto. Il y a 24 heures, je me languissais.
Et puis, j'ai maintenant plein de lettres qui n'attendent que mes longs doigts fins de princesse sans royaume pour leur répondre ; des longues, intéressantes, qui m'ont faite sentir bien, qui m'ont faite sourire. Et toujours pas la possibilité d'écrire sur mon lieu d'esclav... de travail. je ne sais pas trop quand je fais le faire, mais j'en ai envie, je suis impatiente de recevoir les réponses, qui plus est. Si j'écris directement sur papier, je vais être accusée d'acte de barbarisme. Pas tant que mon écriture soit illisible à ce point, mais elle est assez particulière. Comme en plus il ne s'agit pas de ma langue natale, je préfère être uniquement imcompréhensible, et pas indéchiffrable pour couronner le tout. Mais bon, comme souvent, j'attends le signe qui viendra à moi. A votre bon coeur messieurs-dames (Réfléchissons, ordinateur d'occasion ou de super base : plus ou moins 300€, et trois lecteurs, je dois donc les délester discrètement de 100€ par tête de pipe, bah tiens, c'est comme si c'était fait ...)
#12. NEXT MOOD SWING: 6 MINUTES
(BEST WOMEN'S BUMPER STICKERS)
dimanche 10 août 2008
Confiance et estomac dans les talons (oui, j'ai faim)
Donc samedi en me rendant à ma boîte aux lettres, j'avais du courrier. En provenance du pays de l'oncle Sam. Pour la seconde fois cette semaine, mais pas de la même personne. Je ne suis pas surprise, j'ai envoyé la précédente lettre le 17 juillet, les dates sont assez cohérentes donc. Le contenu me surprend par contre. C'est une enveloppe, qui contient une lettre, celle qu'il m'a dit avoir envoyée en février, mais qui n'est jamais arrivée. Celle dont j'ai mis en doute l'existence, puisque justement, comme par hasard, elle était sensée être longue.
Elle existe, elle fait six feuilles (recto verso, les feuilles).
C'est en partie cette lettre, enfin sa non-existence, enfin, ce que je croyais, qui a marqué le début de mon évolution, de mon réveil. Noel venait de passer deux mois avant, je lui avais fait envoyé quelques livres, son anniversaire venait juste de passer (avril), j'avais réitéré le passage sur Amazon.com (il est impossible d'envoyer des colis directement). Je n'avais pas eu de retour sur eux de sa part, et j'avais tout d'un coup l'impression de voir enfin plus clairement les faits. Ce n'était pas uniquement le fait qu'il semblait prendre comme naturel ces envois (la quasi absence de commentaire), mais aussi une sorte d'évidence : pour faire court et imprécis, trop d'égocentrisme de sa part, pas assez d'intérêt vis-à-vis de moi (la citation du post précédent étant à mettre en exergue ici), et cerise sur le pompon, un projet qui demandait si possible des sioux dans le courrier déclencheur (celui d'avril mai qui existait mais qui était insatisfaisante, donc). Je me suis rendue compte que j'avais développé des faux sentiments par rapport à lui, une sorte de vision idéalisée, dont il n'était absolument pas responsable, mais qui touchait le domaine de la fantaisie ... Je n'ai pas dit du fantasme, quoique, évidemment, si j'attrape quelqu'un avec une enfance pourrie - et là, je suis battue à plates coutures, reconnaissons le humblement -, ancien gothique porteur de jupe durant son adolescence, d'échelle de Jacob juste après, et de crête à l'heure actuelle, je ne peux décemment pas dire que je ne me suis jamais demandé ce que les choses auraient pu être en d'autres circonstances. Je me suis donc dit suite à cette lettre (toujours celle d'avril mai) qu'il était temps de grandir, de commencer à enfin vivre vraiment dans la vraie vie, parce que mon cerveau était un endroit fascinant, mais un peu limité. J'avais décidé que quoiqu'il arrive, sauf menaces ou autres joyeusetés, je resterais toujours présente pour lui, mais que je m'impliquerais un peu moins, tout simplement. J'allais aussi prendre rendez-vous avec mon ancienne 'chiatre, la grande Marabout des cerveaux malades, une sexologue-psy pour enfants-adolescents, j'allais finalement utiliser son potentiel au maximum.
Et puis, The Big Bang Theory est arrivée. J'avais d'autres chats à fouetter. Ma réponse à sa lettre avait pas mal traîné, au départ par calcul, ensuite parce que ma vie était en train de prendre l'eau de toutes parts. Le contenu s'en est trouvé assez froid, désabusé, et très court par rapport à d'habitude, juste deux pages. C'est aussi de sa faute, me dire qu'il ne comprend pas pourquoi elle n'est arrivée, et qu'il a du oublier des 0 dans le code postal (une lettre a plein de raison de ne pas arriver en France, mais pas celle-là). Andouillette de Brest !!! Je sais bien que je suis amenée à dominer la planète bientôt, mais tout le monde n'est pas encore au courant, et surtout tout le monde ne sait pas que "Miss Misanthrope" sans aucune autre notification, c'est moi. Il aura quand même visiblement fallu six mois pour qu'elle revienne jusqu'à lui et qu'il me la renvoie.
Tout ce que je vois, c'est que jusqu'à présent, je n'ai rien à vraiment lui reprocher. Qu'en tout cas, je ne peux pas m'accrocher au moindre mensonge dûment constaté et authentifié. Qu'il a plutôt fait preuve jusqu'à là d'une franchise assez massive, et qu'il faudrait que j'y décèle l'oeuvre d'un esprit particulièrement retors et manipulateur pour y voir le mal (sur le principe du confessons l'arbre, pour cacher la forêt). Il a des défauts, c'est un humain. Il est logé depuis six ans dans l'un des pires endroits au monde, que la plupart des gens ne reconnaissent pas comme un lieu de tortures physiques et mentales, contrairement aux prisons de pays "moins civilisés" que les états-unis. Il est possiblement innocent du crime dont il est accusé. De toute manière, son casier était vide jusqu'à là.
J'ai douté de lui, et j'avais des raisons, je crois objectives. S'il ne s'agissait pas de moi, ce qui perturbe beaucoup mon jugement, je dirais qu'il tient à notre correspondance, voire à ma personne. Un jour peut-être, je le verrais mourir.
Est-ce que tout a un sens à découvrir, est-ce que je dois comprendre que je dois faire plus confiance aux gens ? B. bizarrement a toujours eu un sentiment positif par rapport à lui et à ses intentions. C'était toujours moi qui étais le plus à attendre les problèmes, la trahison, la preuve que ... En attendant, il a contribué à changer ma vie, en tout cas il a posé involontairement la première pierre de mon nouveau chez-moi. J'aimerais bien qu'on ne le tue pas, si ce n'est pas trop demander (Si ? Ben je vous emmerde, alors).
An eye for an eye makes the whole world blind
~ Mahatma Gandhi
mercredi 16 juillet 2008
Au secours
Au fait, j'ai rêvé ce matin que je recevais un courrier du fournisseur de bière qui réclamait le paiement de ses factures, avec en plus 10 000€ de frais de mise en demeure/retard (je crois que l'action se situait dans le futur). Il est très désagréable de se faire réveiller par ce genre d'images....
I am a little pencil in the hand of a writing God who is sending a love letter to the world.
~ Mother Teresa of Calcutta
Recherche, feignasse : facture, cauchemar, angoisse, inquiétude, paranoïa, courrier
dimanche 13 juillet 2008
Cunnilingus et pomme de terre (et fouet)
Dimanche matin pas terrible, qui fait suite au samedi moyen. Je crois que tout n'est pas objectif dans mon état, car au bout du compte il y peu de nouvelles catastrophes. Allez, n'ayons pas peur des mots, il n'y a pas du tout. La disparition de la clef USB qui est la seule à contenir les trois lettres de trois millions de pages que j'ai écrites est un problème, notre compte en banque en est un autre, mais rien de mortel, s'il l'on y réfléchit deux secondes.
Après, il y a aussi mon incapacité à agir "normalement". Mon ex/futur amoureux profite du temps de son côté pour se mitoner des soirées entre potes, ce qui me rend plus envieuse que jalouse, car cela me renvoit l'image d'une recluse asociale et inadaptée à la vie en société.
Ce n'est pas la première fois que cela arrive. J'aimerais être invitée tous les jours à mille soirées, et en créer 2503 moi-même, mais je sais très bien que je ne le supporterais pas. Trop de monde, pas assez d'espace personnel, trop de sollicitations, de questions sur "que dois-je faire, avec qui, quand, où, et qui de la poule ou de l'oeuf est arrivé en premier ?". Je peux donc gérer cette caractéristique à peu prés convenablement, tant que ce "handicap" ne me saute pas au visage sous la forme classique du "ah bah zut, ça marche vraiment pas comme ça pour les autres, t'es vraiment une pauvre tâche anormale (pov' fille)".
La frontière entre l'acceptable et le problèmatique est tenue, mais très simple, elle est sur la ligne du ce qui n'est plus choisi mais devient subi. Ermite oui, paria non.
Donc, quand B. (amour un jour amour toujours, dois-je vraiment le rappeler ?), passe avant d'aller au travail, et me déclare que demain (dimanche soir), il a invité du monde, ma première pensée est bien : "du monde, qui ça ? Du que je connais pas ? On me cache des trucs ?", mais ma seconde, celle qui reste et qui me fait pleurer (j'ai précisé que ma balance chimique du jour déconnait à plein pot, non ?) est :" Comment fait-il ? Déjà plein de gens sont passés par chez lui depuis les 10 jours où il a emmenagé, et moi, rien ; fais face à la réalité, petit machin minable, tu es un cas social pitoyable".
PS : Je me sens aussi coupable de ne pas avoir pris sa place au bar et de ne pas l'avoir forcé à rentrer se coucher , au vu de son mal de tête qui lorgne clairement vers la migraine.
PS2 : Comme je me sentais déjà coupable du retard dans mon courrier, et de ne pas avoir transféré tout de suite les lettres de l'USB à l'ordinateur, évidemment, la catholique repentante et avide de flagellations mentales que je suis savoure le moment...
PS3 (on arrête pas le progrès, edit de 04h30 dimanche matin) : Voici bientôt venu le temps, non pas des rires et des chants, mais du je vais rapidement devenir la seule personne dans la cité à ne pas encore avoir été invitée à franchir le seuil de l'appartement d'EdBA (techniquement, de l'entrée de son immeuble, même). Le questionnement pointe son nez dans mon cerveau.
If you go to see the woman, do not forget the whip
~ Friedrich Nietzsche
There is no person so severely punished, as those who subject themselves to the whip of their own remorse.
~ Seneca
Recherche, feignasse : hermite, ermite, USB, courrier, culpabilité, fouette-moi encore j'aime ça

